"Vint un temps où le risque de rester à l'étroit dans un bourgeon était plus douloureux
que le risque d'éclore." Anaïs Nin
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mardi 18 mars 2008

ce n'est qu'un aurevoir...

et voici le dernier Mardi de la ronde des petits bonheurs...que le temps passe vite...comme j'ai manqué la semaine dernière pour des raisons techniques je vous offre aujourd'hui deux "petits bonheurs"...

le premier est bien sûr ce que demandait Minnih...."Un petit coin à soi"...

j'ai lu vos messages et je me suis reconnue chez Calliscrapart...un petit coin de bonheur c'est dur à trouver parfois, souvent impossible...mais je me suis souvenue de ce texte:
"Dans son roman intitulé The trickster of liberty, Vizenor expose une idée salvatrice appelée "le trou de panique". Un trou de panique, c'est un endroit où l'on se réfugie physiquement ou mentalement, voire les deux à la fois, quand votre vie est menacée ou quand vous croyez qu'elle l'est, ce qui revient au même. Un trou de panique, c'est un endroit où vous fuyez pour récupérer le présent en tant que saison sauvage et non comme ruse. Pour l'instant , mon trou de panique est un énorme Land cruiser Toyota rouge. A un kilomêtre de mon chalet, dont le toit est décoré d'un oeil de taureau, je me sentais déjà beaucoup mieux, mon sentiment d'oppression s'envolait par le fenêtre et décolorait les quatre mètres de neige que nous avions reçus jusqu'ici".( Jim Harrison , "Entre chien et loup")
j'ai trouvé l'adresse de ce petit coin un jour de gros cafard...grâce à un petit bouton en forme de maison, un tissu, un transparent et le scanner...c'est un village de rêve situé quelque part dans l'immense blogosphère...Il a pour nom Plumpiemousie...

mon refuge la nuit...

mon refuge le jour...

c'est mon petit coin à moi...qui est devenu un petit coin partagé par des tas d'amies...et ce que je n'avais pas, cette insouciance, ces petits bonheurs je les ai trouvés ici, dans mes blogs, au pays de Paisible et de Plumpiemousie...et là il fait bon vivre et si on pleure il y a toujours quelqu'un pour nous consoler...les blogs peuvent être un extraordinaire moyen d'expression et de rencontres...c'est grâce à Sam et ses questions sur les blogs que j'ai trouvé le forum...c'est le côté magique d'internet...


quant au deuxième petit bonheur celui du sac, je suis très ennuyée car rien ne reste vraiment dans ce bazar de besace...ah si peut-être il y a toujours un carnet et un livre...alors je peux vous montrer ma liseuse, même si vous l'avez peut-être déjà vue...je l'ai fabriquée il y a deux ans avec un montage des titres et couvertures de certains de mes bouquins préférés...un transfert sur tissu...à l'intérieur une petite poche pour les post-it et un crayon...ah des signets aussi...
...................................................

et voilà, la jolie ronde est finie pour ce mois, mais il y en aura d'autres, Françoise a encore plein plein d'idées...alors vous qui venez de chez Sofiso, courez voir Ninette, elles ont plein de jolies choses à vous raconter...

Bisous et merci de votre visite...

mardi 4 mars 2008

la ronde des petits bonheurs: souvenirs pas si paisibles que ça !!!

certaines fois la vie fait bien les choses...certaines fois on a l'impression que tous les romans Harlequin de la terre, tous les romans-photos que les copines dévorent, tous les livres qu'on aime, les films, les...tout quoi...tout devient fade comparé à ce qui nous arrive...
comme dans Rimbaud et ses dix-sept ans..."un beau jour foin des bocks et de la limonade"...
on découvre l'amour avec mille A très majuscules...le fort, le grand, celui qui envahit tout , qui décoiffe, chamboule, vous fait perdre toute pudeur, toute retenue...on en veut encore et encore...et s'il arrive que s'en mêlent la mer, le sable, le vent du Maghreb, la musique arabe lancinante, la folie n'est pas loin...
celà ne durera pas...vous en sortirez rompue, brisée, anéantie, épuisée, désespérée...
et passent les saisons et passent les années comme dans la chanson...vous vieillirez, la douleur s'apaisera, et n'ayez crainte les souvenirs restent...les souvenirs olfactifs sont très puissants...ils surgiront quand
vous ferez glisser entre vos doigts ce collier qui garde encore des décennies après son parfum de santal...
vous respirerez les soirs d'été, les yeux fermés, le jasmin de votre jardin...
en froissant entre vos doigts la menthe poivrée si délicieuse...
en essayant, négligemment des eaux de toilette pour hommes dans une parfumerie, histoire de murmurer tout bas: oui, c'était bien celle-là...
le pigeon aux amandes, le couscous parfumé, les gâteaux aux épices...celà sent si bon chez toi quand tu fais de la cuisine arabe disent les autres...s'ils savaient...
je cuisine et marie les parfums en souvenir de senteurs lointaines mais encore si vivaces, la mémoire est extraordinaire quand elle vous restitue la moindre odeur de peau aimée...
et c'est un plaisir intense et magique de se dire en son for intérieur: si vous saviez à quoi je pense mes enfants, en vous regardant manger cette chorba délicieuse, vous ne pouvez même pas imaginer de quoi j'étais capable alors...
"Quand vous serez bien vieille, au soir, à la chandelle,
Assise près du feu, dévidant et filant,
Direz , chantant mes vers et vous émerveillant:
"Ronsard me célébrait du temps que j'étais belle!"... vous aviez raison Monsieur Ronsard, Hélène n'a jamais oublié...

allez les filles, vous gardez toutes au creux de vos narines, des parfums délicieux, interdits, volés, fantasques...venez , approchez -vous...vous ne savez pas et bien le jour où...... et alors...si si, c'est vrai...toi aussi ?...et toi.... non...si ?...eh bé!!!!....
Je me réjouis de cette ronde, je sens que nous allons en découvrir de belles...
alors vous qui venez de chez Sofiso, rendez-vous chez Ninette...courez-y...

mardi 26 février 2008

la ronde des petits bonheurs: la peau

à 12 ans on est grande ou on est petite ?
maintenant on est une ado...
en 1958 on était considérée comme une petite...et pourtant quand il fallait donner un coup de main à la maison on me disait que j'étais une grande...il est vrai que le sixième enfant de la maison allait bientôt naître et être l'aînée de 6 ...heureusement il y avait la colo, où je pouvais enfin être moi...toute seule moi...avec les copines et les copains...
ah les plaisirs de peau...le bain dans la mer...le sable de la plage...les bagarres dans le coin où il y avait de la vase...épaisse et douce...même qu'un jour il y en a un qui a perdu son slip de bain et personne n'a vu, tellement on était boueux...trop marrant...pour se faire la peau douce on se frottait avec des algues...et puis et puis les couvertures...des couvertures de l'armée...kaki...qui piquaient délicieusement mais autour du feu de camp on ne se plaignait pas ...les premiers maillots en tissu...enfin ! doux à la peau...rigolez les jeunes ! vous n'avez pas connu l'horreur des maillots en tricot tricotés par nos mères, lourds, rugueux avec l'eau, le sel et le sable...
et puis eh bien je suis tombée folle amoureuse...nous avons échangé en tout et pour tout un bisou sur la joue, mais au retour de la colo, dans le car j'étais derrière lui, j'ai mis mon bras sur le dossier du siège et il y a posé sa tête...
la peau de mon bras gauche n'a jamais oublié ce petit bonheur là...
~~*~~*~~
et voilà, encore un Mardi de passé...c'est fou comme ça va vite...surtout n'oubliez pas de profiter de chaque journée...
vous venez de chez Sofiso et vous allez chez Ninette, bonne ronde...

mardi 19 février 2008

la ronde des petits bonheurs: les doigts...

Vous prendrez bien un doigt de Porto?

Il fit un doigt de cour à la Marquise...

Par le petit doigt lon lère

par le petit doigt lon la...

j'ai sucé mon pouce tellement longtemps...

j'ai trempé mon doigt dans le pot de Nutella...

ah le bonheur de plonger les mains dans le lavabo plein d'eau chaude et de faire bouger ses doigts engourdis...

Elle a des doigts de fée...

Je me souviens de ses doigts sur mon cou, un jour où j'étais si fatiguée...c'était délicieux...

Elle avait des bagues à chaque doigt...

faire des ombres chinoises avec ses doigts, c'est marrant...

mes doigts sont à peu près droits, ceux de ma mère tout de travers...

mon petit doigt m'a dit...des bétises comme d'habitude...

ah, des doigts sur mes pieds, pour un long massage...j'adore...

aujourd'hui je suis un peu en panne à dire vrai...un peu toute flapie comme disait ma grand-mère...alors comme l'inspiration n'est pas au rendez-vous je vous offre ces photos...prises en douce..."plaisir des doigts, plaisirs partagés..."

ils sont trop beaux tous les deux? je vous présente la main de mon homme et le chien Tao...

et voilà pour aujourd'hui...ça ira mieux demain vous en faites pas...en n'oubliez pas,

vous qui venez de chez Sofiso, courez vite vite chez Ninette...

mardi 12 février 2008

la ronde des petits bonheurs: l'oreille...

Dans "Fourmis sans ombres", le livre du haïku , vous trouverez au chapitre "Musique" des textes comme celui-ci:
"Dans leur nid les souriceaux
Couinent, répondant
Aux moineaux" (Bashô)
ou bien...
"La voix du rossignol
Lisse
Ronde, longue" (Tôkô)
j'aime aussi celui-ci...
"Pluie de printemps_
au portail
le canard clopine" (Kobayashi Issa)
Tels sont mes bonheurs d'oreille...La maison surprend par son silence relatif...pas de musique...ou rarement...quand je travaille ou lis de toute façon, je n'entends rien...quand je lis un texte que j'aime vraiment c'est "à voix haute dans ma tête"...
J'aime par dessus tout le bruit de l'eau, celui du ruisseau non loin de la maison, la pluie sur la table dehors...
A propos de l'eau, je vais vous raconter une histoire rigolote... Vous savez leur truc des toilettes pas propres dans certaines écoles et des enfants qui se retiennent toute la journée...J'ai fait partie de celles-là il y a bien plus de 50 ans...alors quand c'était trop difficiles d' uriner, quand nos pauvres vessies étaient prêtes à éclater, on ouvrait un robinet du lavabo et grâce à cette petite musique on arrivait à se soulager...C'est un truc que j'utilise encore en cas de problème...
Le bruit de l'eau calme, apaise...quand la crise d'arthrose est trop forte le matin, je me mets sous la douche assise sur un tabouret, le bruit régulier et la chaleur calment...après on peut enlever le pyjama, s'essuyer , mettre le peignoir et descendre à la cuisine...bientôt l'eau chante dans la bouilloire...le store de la cuisine grince un peu, mon chien baîlle à s'en décrocher la machoire et là-haut j'entends les pas de mon homme sur le parquet...la journée commence...
Je me souviens aussi d'une rencontre...un vieux paysan chez qui nous allions acheter une cuisinière à bois...il avait regardé Thomas et lui avait dit: "Tu sais petit , ce qui m'a le plus manqué quand j'ai dû prendre ma retraite ? c'est de ne plus entendre le bruit du soc de la charrue quand elle s'enfonce dans la terre, et celui du pas de mon cheval"...
Il est sur certaines stations de radio, en particulier la nuit, d'extraordinaires émissions qui ressuscitent tous ces bruits de la vie...
Avez-vous déjà dormi dans un vieux petit camping-car quand souffle le vent ou hulule la chouette ?
Bon, il est tard, je vais aller au lit...de temps en temps je poserai mon livre pour écouter la souris qui trottine dans le soubassement et mon homme qui ronfle, moi aussi je ronfle la nuit et le chien aussi...c'est bien ...ce sont les bruits de la vie...
Allez un dernier haïku:
"Plop, plop, l'une après l'autre tombent
Les fleurs de camélia
Lune voilée" (Dansui)
~~*~~
Vous allez pouvoir continuer votre ronde, vers d'autres musiques, d'autres petits bonheurs...
Vous étiez chez Sofiso, rendez-vous chez Ninette...
A bientôt...

mardi 5 février 2008

la ronde des petits bonheurs du Forum Mixed-media

Maman, j'ai faim, je veux du pain...c'était il y a 27 ans, maintenant il aime toujours le pain et les choses simples...il a même failli devenir boulanger...

"Je vous parle d'un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître..."dit la chanson...aujourd'hui j'aurais aimé raconter le chocolat au piment, la cannelle , la cardamone et le curry...mais d'autres le feront avec plus de fougue...on est parfois fatiguée en vieillissant...

Je me souviens du pain de mon enfance...le matin, tout le bourg était parfumé...l'odeur du pain chaud...365 jours sur 365, sauf les années bissextiles...

Le pain s'achetait au poids...il y avait des pains de 2 livres, de trois livres, de quatre livres ,de six et douze livres...donc, quand on achetait le pain la boulangère le pesait...si le poids était inférieur, elle complétait avec un morceau qu'on appelait la pesée...c'était bien parce que maman nous laissait toujours la pesée, on pouvait se la partager en rentrant de la boulangerie...

Il y avait aussi, pendues derrière le comptoir, des baguettes de coudrier...chacune était fendue en deux parties et portaient une étiquette avec le nom d'une ferme...à chaque fois qu'une fermière apportait de la farine, la boulangère faisait une encoche sur le côté gauche, et lorsque la fermière prennait du pain une encoche à droite...

A cette époque, on respectait le pain, on faisait le signe de croix sur la miche avant de l'entamer et on ne mettait jamais le pain à l'envers (vieux souvenir du temps des bourreaux...)

La croûte était ferme et brune et la mie épaisse et un peu jaune...Tout comme la Sophie de la Comtesse de Ségur j'ai aussi mangé du pain bis, de la crème épaisse (et des fraises!), quand nous allions chercher le beurre à la ferme...et le lait ribot ...

C'était délicieux...

La boulangère vendait aussi des gâteaux de Savoie...les jours de fêtes, maman en achetait un et le garnissait avec des confitures ou de la crème pâtissière...

Je pourrais aussi vous raconter les mûres, les nèfles et les châtaignes d'eau que nous ramassions dans l'étang et les faînes minuscules si longues à décortiquer...

Un autre grand délice était les restes de pâte à tarte, crue bien sûr...on se bagarrait pour les avoir...

Un de mes plus délicieux "souvenirs gastronomiques " reste le réveillon de Noël: un bol de chocolat chaud, bien épais, bien mousseux qui avait mijoté au coin du feu longtemps (tout le temps de la messe de minuit) et un morceau de brioche...Jamais, jamais je n'ai mangé chose plus savoureuse...

Pour partager encore un petit peu avec vous ces petites gourmandises, je vous offre ce sandwich extrait d'un livre sur le pain...ce livre m'a été offert par un boulanger, un vrai, pas un réchauffeur de pâton surgelé...ma plus grande chance aura été de pouvoir côtoyer pendant les 6 dernières années de ma vie professionnelle, des boulangers, pâtissiers, chocolatiers, cuisiniers, traiteurs...de voir les élèves progresser dans le métier, chercher les fromages, les vins, combiner les menus...d'avoir décorer le cdi avec des bouquets d'herbes , romarin, basilic, thym citron, sauge...de les avoir fait sentir, froisser entre les doigts, renifler...



et si je devais mourrir dans quelques heures...je retournerais boire une bouteille de Carthagène comme celle que j'ai goûtée un jour béni...il n'y avait pas un bruit dans le restaurant quand le sommelier avec son petit marteau cassait la cire...tout le monde regardait les veinardes qui allaient savourer la meilleure bouteille de la cave...ouah...que c'était fameux...
~~*~~*~~
Maintenant votre ronde continue:
Vous qui venez de chez Sofiso, rendez-vous chez Ninette...
A Mardi prochain...

mardi 29 janvier 2008

la ronde des petits bonheurs...

Quel bonheur que ces rondes, où nous apprenons à mieux nous connaître et à bien regarder autour de nous...Mon bonheur de cette année 2007 aura vraiment été la rencontre de toutes les filles du Forum Mixed-Media...Je me mets à faire des choses pour la première fois de ma vie, je reprends goût à d'autres, bref, je revis, même si la vie me fait rester presque en permanence à la maison près de celui que j'aime...
Aujourd'hui j'ai commencé un grand rangement de mon atelier...les revues, les tissus...tous les "wee-bits-and-pieces" qui servent au travail et j'ai retrouvé ceci dans une des revues Country-Living...

Moi qui ai vécu une grande partie de ma vie avec des chaussures de garçon, semelles orthopédiques obligent, j'ai rêvé de chaussures telles que celles-ci...satin rouge et daim noir...mais dans la campagne des années 50...

et puis j'ai retrouvé des photos de ma chaise magique...(j'espère que vous la connaissez, celle qui se couvre de légumes plusieurs fois par semaine, grâce à ma fée propriétaire...)

ce jour-là c'étaient des fleurs de courgettes, somptueuses...

et en recadrant la photo j'ai découvert le petit lutin du coeur de courgette...avec son nez tout rond et son oeil fripon...n'est-ce pas qu'il est mignon...

mais à mon avis, si vous essayez les beignets de fleurs de courgettes (après cette photo, j'aurais l'impression d'être cannibale, dégustez les en pensant très fort à la fleur, parce que le goût...n'est pas à la hauteur du rêve...ça me fait penser qu'il faut que je vous relise "les confitures" de G. Duhamel...le monsieur qui mange les confitures en souvenir de leur odeur...
~~*~~*~~
Bon, assez bavardé...il est l'heure pour vous de reprendre la ronde...Buvez votre thé, mangez la tartine de confitures, remplissez le panier et vite, courez...
Vous qui venez de chez Sofiso, rendez-vous chez Ninette...